Galerie Saint Georges

Tableaux, dessins et objets d'art

Gustave Doré (1832 - 1883)



L'Effroi

VENDU

Mine de plomb, plume et encre noire


1879

32 x 23 cm



Dessin préparatoire pour la sculpture exposée au Salon de 1879. 
 
Au verso, trois autres études pour des sculptures: une première esquisse pour l'Effroi (finalement plus proche de la sculpture finale, avec une composition moins frontale que notre dessin au recto). Des putti jouant, et probablement une première pensée pour La Gloire étouffant le Génie. 
 
Gustave Doré dessine dès l'âge de 5 ans. Enfant, il réalise ses premières caricatures, croquant son entourage immédiat. Vers 1839, il exécute la série Fox composée de six dessins à la mine de plomb, s'inspirant de l'artiste animalier J.J. Grandville qui, avec les auteurs classiques, constituent ses premières sources d'inspiration. 
Jeune adolescent, il prend comme modèle les illustrations de journaux satiriques comme le Charivari ou la Caricature, ou encore les estampes de Töpffer.  Il a 13 ans quand sa première œuvre est lithographiée par Ceyzériat. En 1847, vainqueur d'un prix de dessin, il décide de faire carrière dans l'art et propose à l'éditeur Philipon quelques caricatures qui poussent ce dernier à convaincre les Doré de laisser leur fils choisir sa voie. 
Dès lors, il contribue au numéro spécimen du Journal pour rire et sort son premier album lithographique Les travaux d'Hercule. En parallèle, il passe son baccalauréat de lettres en 1848, et après avoir fréquenté brièvement l'atelier d'Ary Scheffer, débute au Salon avec deux dessins à la plume. Puis il est engagé par contrat pour le Journal du rire, par Philipon. Paul Lacroix l'introduit dans le milieu des éditeurs et Doré fait la connaissance de Nadar qui l'expose dans son atelier et devient son confident et conseiller. Il commence alors la peinture et expose en 1850 son premier tableau au Salon, Pins sauvages. Entre 1850 et 60, il sort plusieurs albums et suites comiques, tout en contribuant au journal L'illustration et en débutant une activité d'illustrateur avec les Œuvres illustrées du Bibliophile Jacob. Il commence aussi à voyager en Suisse, Savoie, Hollande et Belgique. Gautier devient son mentor. L'édition des Œuvres de François Rabelais fait exploser sa notoriété d'illustrateur, qui sera confortée par les Contes drolatiques de Balzac quelques années plus tard. Il se lance dans la peinture d'histoire, expose au Salon et reçoit une commande d'Etat : la Bataille d'Inkermann pour le château de Versailles. En 1860, il publie cinq illustrations de Shakespeare dans une éditons anglaise de La Tempête. 
Il obtient la Légion d'honneur en 1861 et est fait chevalier des Saints Maurice et Lazare en Italie. Il illustre la même année l'Enfer de Dante et expose trois peintures d'après la Divine Comédie. Parallèlement à l'illustration de grands ouvrages comme Les contes de Perrault (1862), Don Quichotte et Atala (1863), il illustre aussi des publications moins prestigieuses telles que Les aventures du Baron de Münchhausen, La légende du Croque Mitaine... En 1864, il est invité à la cour de Napoléon III et est alors un familier de la société artistique et mondaine parisienne. Ses éditions illustrées des grands auteurs sont publiées en anglais par Cassell, Petter et Galpin, mais surtout, il publie une Sainte Bible et le Paradis perdu qui achèvent d'asseoir sa réputation outre Manche. Par ailleurs, il présente au Salon sa première œuvre religieuse L'Ange de Tobie, acquise par l'Etat. Il reçoit l'ordre de Charles III par la reine d'Espagne, distinction qui, comme les précédentes, témoignent d'une reconnaissance européenne. En 1867, il ouvre avec les marchands et libraires Fairless et Beeforth la Doré Gallery à Londres et y reçoit la Reine et la haute société anglaise. 
 
À partir de 1872, Doré s'essaie à la sculpture et l'eau forte. En 1873, il part en excursion en Écosse où il se concentre spécialement sur l'aquarelle au point d'en faire par la suite sa spécialité - il intègre la Société des Aquarellistes français en 1879. En 1875, il est présenté à la reine Victoria par le prince de Galles. 
Au Salon de 1877, Doré expose sa première sculpture importante: La Parque et l'Amour qui reçoit un accueil favorable du public. En 1879, il expose la Mort d'Orphée et l'Effroi. Cette même année, l'écrivain et critique René Delorme publie une monographie consacrée à son œuvre.